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Les parmentiers et mulquiniers d'autrefois.
Petit problème de vocabulaire.
Les métiers à tisser manuels (à bras).
Le premier perfectionnement majeur :
Le second perfectionnement majeur :
Les tisseurs à bras en Vermandois.
Les métiers à tisser mécaniques.
Les conséquences de l'électrification.
La vie des tisseurs à domicile dans les années cinquante.
L'évolution technique des métiers mécaniques et la disparition du tissage à domicile.
L'effondrement de l'industrie textile dans notre région à partir de 1970.

Pendant un siècle et demi, Bohain a été une des capitales françaises de l'industrie textile, fournissant du travail tant aux Bohainois qu'aux habitants du Vermandois. Il est intéressant de suivre l'évolution de cette activité au cours des siècles, avant qu'elle ne disparaisse presque totalement de notre paysage dans les années 1970.
Les parmentiers et mulquiniers d'autrefois.
Dès le XIIème siècle de nombreux tisseurs - souvent venus de Hollande - se sont installés dans tout le Nord de la France, et particulièrement en Picardie. Ces ouvriers fabriquaient des étoffes de lin ou de chanvre avec des outils rudimentaires. On les a d'abord appelés des parmentiers, puis mulquiniers à partir du XVIème siècle. Cette profession a disparu au cours du XVIIIème siècle avec l'arrivée des premiers métiers à tisser manuels. Ces mulquiniers travaillaient à domicile ; comme la fabrication d'étoffe selon le procédé de l'époque nécessitait une température relativement constante, ils travaillaient dans les caves. Cette tradition du travail à domicile se perpétuera dans notre région jusqu'à la disparition de l'industrie textile. haut de page
Petit problème de vocabulaire.
L'apparition de métiers à tisser manuels dès le XVIIème siècle a contribué à l'extraordinaire développement du tissage dans toute la France. De ce fait, les termes techniques pouvaient être différents selon que vous étiez Picard ou Lyonnais, par exemple. Il arrivait parfois que le même mot désigne deux choses différentes. Ainsi, à titre d'exemple, le mot ensouple désigne, en français correct, le rouleau de fils de chaîne qui alimente le métier à tisser ; pour les tisseurs de notre région, l'ensouple désigne le rouleau qui reçoit l'étoffe tissée et le rouleau de fils de chaîne s'appelle alors le roule. De plus, le patois s'en mêle : un tisseur du Vermandois sera un lanceur (prononcez lanceu), un métier à tisser devenant un métier à lancer ou, pour les métiers mécaniques tout simplement une ferraille (prononcez ferrelle). Toujours dans notre région, un métier à tisser manuel s'appelait métier à bras. Il n'est pas toujours très facile de s'y retrouver ! haut de page
Les métiers à tisser manuels (à bras).
Les métiers à tisser à bras sont apparus dès le XVIIème siècle. Si les progrès technologiques ont radicalement transformé les machines au fil des siècles, le principe du tissage demeure inchangé de nos jours.Les fils de chaîne sont enroulés sur un cylindre (l'ensouple ou le roule). Suivent deux baguettes d'envergure (les verges) destinées maintenir les fils de chaîne à leur place. Chaque fil de chaîne traverse alors une maille, les mailles étant réunies sur des lisses qui par un mouvement de bas en haut séparent les fils de chaîne en deux nappes.Pour un tissu simple, il faut deux lisses, pour que la moitié des fils passent alternativement au-dessus de la trame.Pour les tissus plus élaborés, plusieurs lisses supplémentaires sont nécessaires. Le fil de trame est alors passé entre les deux nappes de fils de chaîne, à l'origine à l'aide d'une longue épingle en bois. Le peigne monté sur le battant permet de tasser la trame. L'étoffe tissée est enroulée sur le rouleau de réception. haut de page
Le premier perfectionnement majeur :
la "navette volante ". Un tel métier à tisser est déjà un net progrès sur les méthodes ancestrales où les fils de trame étaient simplement tendus sur des cadres en bois, mais le passage de la trame à l'aide d'une aiguille était long. Dès le début du XVIIIème siècle est apparue la navette contenant une canette de fil qui, lancée à la main, permettait de faire passer le fil de trame plus rapidement qu'avec une aiguille.Il est très vraisemblable que le mot patois de lanceu(r) pour dire tisseur vient de cette époque où le tisseur lançait les navettes à la main.Mais le perfectionnement décisif fut l'invention par l'Anglais John Kay, en 1733, de la " navette volante " : au lieu d'être lancée à la main, la navette - munie de roulettes en bois - est propulsée à travers les nappes par un système mécanique de taquet actionné par une corde,ceci une fois dans un sens puis une fois dans l'autre.
Le tisseur peut désormais rester assis devant son métier, la main droite actionnant le battant et la main gauche provoquant la propulsion de la navette en tirant la corde d'actionnement des deux taquets. Ce type de navette restera omniprésent pendant plus de deux siècles ; à l'apparition des métiers mécaniques, la navette perdra ses roulettes pour devenir à fond lisse et deviendra beaucoup plus grosse et plus lourde, emportant plus de fil. haut de page
Le second perfectionnement majeur :
Le mécanisme Jacquard. Pour le tissage simple, c'est-à-dire pour une simple alternance des fils de chaîne à chaque fil de trame, le déplacement des deux lisses était obtenu par deux pédales. Par contre, pour les motifs plus sophistiqués, le jeu de lisses ne pouvait être positionné que manuellement. Ce travail était presque toujours confié aux enfants qui, assis sous le métier, montaient et descendaient les lisses selon les ordres du tisseur. Dès le début du XVIIIème siècle plusieurs tisserands ont cherché à automatiser le mouvement des lisses : travaux de Bouchon (1725), Falcon (1728) et Vaucanson (1744). Ce dernier, constructeur d'automates, a réalisé un prototype qui ne sera jamais mis en service. C'est le Lyonnais Joseph-Marie Jacquard qui, reprenant l'étude du prototype de Vaucanson, mettra au point le mécanisme qui porte désormais son nom (1806). Pour les motifs répétitifs, le principe est le suivant : à chaque trame correspond une position particulière des lisses (les lyonnais disaient des lacs) ; Jacquard eut l'idée de mettre en mémoire ces positions sur des cartons perforés, un système mécanique permettant de positionner automatiquement les lisses à partir de la position des perforations. Pour un motif donné, il y a autant de cartons que de fils de trame ; ces cartons sont attachés les uns aux autres et avancent automatiquement à chaque fil de trame.
Le premier métier ainsi équipé fut présenté à Lyon. Les ouvriers tisseurs lyonnais - les canuts - ont cru que cette invention allait supprimer leur travail : le premier métier sera brûlé et Jacquard, sans l'intervention de la force publique, aurait été jeté vif dans le Rhône. La raison l'emportera rapidement et le mécanisme Jacquard s'imposera dans le monde entier. Beaucoup de spécialistes estiment que cette invention préfigure l'ordinateur. En effet, les premiers ordinateurs apparus au milieu du XXème siècle utilisaient des cartes perforées comme mémoire externe. Il serait cependant plus juste de dire que le mécanisme Jacquard préfigure les automates programmables d'aujourd'hui. haut de page
Les tisseurs à bras en Vermandois.
Les métiers à tisser à bras équipés ou non de mécanismes Jacquard vont se généraliser à partir du milieu du XVIIIème siècle. Les mulquiniers du Vermandois vont évidemment adopter ces nouvelles machines pour devenir tisseurs. Comme ils exerçaient leur ancien métier dans la cave, beaucoup installeront leur nouvelle machine au même endroit, alors qu'aucune raison technique ne le justifiait. Seule limite : les métiers équipés de mécanismes Jacquard compliqués prenant beaucoup de place en hauteur, il ne fallait pas que la voûte de la cave soit trop basse !
Pour la même raison, on prétend que si les vieux immeubles lyonnais sont hauts de plafond, c'était pour pouvoir y loger des métiers à tisser. Les tisseurs à domicile du Vermandois vont faire de Bohain une capitale du textile à partir du XIXème siècle, les productions étant vendues dans le monde entier. Malgré l'apparition d'ateliers de tissage avec des métiers mécaniques au début du XXème siècle, le tissage manuel, essentiellement à domicile, subsistera jusqu'à la fin des années 1940. Après les terribles destructions dues à la Grande Guerre de 1914 - 1818, la quasi-totalité du parc de métiers à bras existant avant guerre sera reconstruit, et des améliorations techniques des mécanismes Jacquard interviendront encore dans les années de l'immédiat après guerre. Charles Gadel, mécanicien né à Guise, créera une fabrique de mécanismes Jacquard à Bohain et sera, dans les années 1920 un des principaux producteurs européens de ce type de matériel. haut de page
Les métiers à tisser mécaniques.
Entraîner un métier manuel par un moteur ne pose aucun problème technique majeur. Si l'on excepte les tentatives d'entraînement de métiers à tisser par des moulins à vent ou à eau, les premiers moteurs disponibles à grande échelle ont été les machines à vapeur, ceci dès la deuxième moitié du XIXème siècle. Cependant, pour d'évidentes raisons d'économie financière, il était hors de question d'investir dans une chaudière et dans une machine à vapeur pour seulement quelques métiers à tisser. La rentabilité imposait qu'une seule machine puisse entraîner plusieurs dizaines de métiers. Dès la fin du XIXème siècle, des ateliers de tissage se sont construits, avec chaufferie et puissante machine à vapeur. L'énergie était transmise aux métiers à tisser par des poulies réparties au plafond des ateliers, reliées entre elles et aux métiers par de multiples courroies. Les premiers métiers mécaniques étaient de conception relativement identique aux métiers à bras, la construction en bois ayant été cependant remplacée par une construction métallique, plus solide. De nombreux ateliers de tissage se sont implantés dans la région, fonctionnant le plus souvent à feu continu du lundi matin au samedi soir, rentabilité oblige. Les ouvriers tisseurs travaillaient alors douze heures par jour et n'avaient pas de vacances ; seuls les dimanches et quelques jours de fête par an étaient chômés.
Dès le début du siècle dernier, Bohain produira une gamme complète de tissus, allant de la toile banale aux tissus très élaborés destinés à l'habillement et à l'ameublement. C'est à Bohain que furent tissées à partir de 1910 les étoffes qu'utilisera une toute jeune créatrice de mode, Coco Chanel.
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Les conséquences de l'électrification.
Pendant un demi-siècle, métiers à bras chez les tisseurs à domicile et ateliers de tissage mécanique vont cohabiter. L'arrivée du courant électrique à partir du début du XXème siècle va quelque peu modifier le paysage. Très rapidement, les industriels pourront remplacer les machines à vapeur par de gros moteurs électriques, tout en conservant le système de transmission d'énergie par poulies. L'apparition de petits moteurs électriques sera un peu plus tardive, mais lorsque ce matériel sera disponible et que toutes les campagnes seront alimentées en courant électrique, rien ne s'opposera plus à l'entraînement individuel des métiers à tisser. Les industriels abandonneront petit à petit les gros moteurs et les systèmes de transmission coûteux en entretien et souvent dangereux, et les tisseurs à domicile vont pouvoir enfin réformer leur vieux métiers à bras pour les remplacer par des métiers mécaniques. Cette mutation sera pratiquement terminée à la fin des années 1940 et désormais le métier mécanique règne en maître absolu.
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La vie des tisseurs à domicile dans les années cinquante.
Dans l'immédiat après guerre, la demande en tissus est importante et les tisseurs à domicile sont très sollicités. Pour assurer le revenu d'un ménage, il faut au moins deux métiers à tisser et ceux-ci doivent tourner douze heures par jour du lundi au samedi. Dans la plupart des cas, ces métiers sont achetés d'occasion aux industriels qui renouvellent leur matériel. Certains tisseurs ont trois métiers à tisser, mais la surveillance de trois métiers par une seule personne devient aléatoire pour les tissages un peu complexes. On est malgré tout très loin de la faible productivité d'un tisseur à bras qui ne pouvait pas espérer produire plus de quelques mètres de tissu par jour.
Le tisseur à domicile est extrêmement jaloux de son indépendance ; il a très souvent plusieurs patrons, afin de pouvoir changer facilement de donneur d'ordres au cas où un désaccord surviendrait. La règle des douze heures de travail quotidien n'est pas absolue : on prend facilement quelques heures dans la journée pour entretenir le jardin, faire des travaux dans la maison, quitte à travailler le dimanche matin pour rattraper le temps perdu. La solidarité entre tisseurs d'un même village ou d'un même quartier est absolue ; en cas de problème, vous savez que votre voisin viendra vous aider, ceci à charge de revanche. La journée de travail d'un tisseur ne consiste pas seulement à faire tourner les métiers. A la réception d'un nouveau roule, il faut être particulièrement costaud pour aller le mettre en place avec évidemment une aide extérieure (un roule plein peut peser plus de 100 kg). Le tisseur assure l'entretien courant de ses métiers à tisser ; en cas de casse importante, le forgeron du village se transforme en réparateur. Lorsque le tisseur commence un nouveau tissu, il doit programmer lui-même le mécanisme Jacquard (appelé aussi l'armure pour les mécanismes les plus simples) en faisant des trous dans les cartons ; cela se réalise avec un emporte-pièce et un gros marteau. On est quand même assez éloignés de la programmation d'un ordinateur moderne par le biais du clavier et de l'écran.

Des professions existent pour seconder les tisseurs, tels les noueurs, ou plutôt les noueuses car cette profession est surtout féminine. Lorsque le roule qui contient la chaîne est vide, on le remplace par un roule plein qui a été préparé en atelier sur un ourdissoir. Encore faut-il relier ces nouveaux fils à ceux de la chaîne en place sur le métier. Dès les années 1950 des machines à nouer sont apparues, mais leur coût élevé les réservaient aux ateliers ; les tisseurs à domicile faisaient appel à la noueuse qui, manuellement, nouait les fils un par un. L'opération qui nécessitait une très grande dextérité pouvait durer deux ou trois jours. haut de page
L'évolution technique des métiers mécaniques et la disparition du tissage à domicile.
Tout au long de leur carrière, les métiers à tisser mécaniques avec navettes subiront de nombreuses améliorations visant à augmenter la productivité et la sécurité. A l'origine, lorsque la trame change de couleur, il fallait arrêter le métier et changer de navette. Très rapidement on mettra au point la boîte de navettes qui permet de changer les navettes automatiquement. Ces boîtes qui peuvent contenir jusqu'à six navettes seront d'abord rotatives (boîte revolver) puis linéaires, les navettes étant superposées (boîtes montantes). Les métiers les plus simples ne sont équipés que d'une boîte sur un des côtés du battant, les métiers plus sophistiqués étant équipés d'une boîte de chaque côté (métiers " pique-pique " dans le jargon local des tisseurs). Comme pour le Jacquard le mouvement des boîtes est programmé sur des cartons perforés. Apparaîtront également les automatismes pour arrêter le métier en cas de rupture des fils de trame ou de chaîne (le casse chaîne), et enfin le remplacement automatique de la canette vide dans la navette sera une des ultimes améliorations sur ce type de matériel. Un seul point ne sera jamais résolu : le bruit caractéristique et intense des métiers à tisser mécaniques, qui faisait que les gens avaient l'habitude de parler fort, même lorsque les métiers étaient arrêtés.
La productivité des métiers mécaniques avec navettes s'est considérablement accrue par rapport aux métiers du début du siècle. Alors que sans ces automatismes un tisseur ne peut guère surveiller que deux à trois métiers, il devient possible avec tous les perfectionnements de surveiller de quatre à six métiers. Cela sera la cause de la disparition totale du tissage à domicile dans le Vermandois à partir du milieu des années 1960. Les tisseurs qui achetaient le plus souvent leur matériel d'occasion ne bénéficiaient pas des derniers perfectionnements technologiques, et il leur était évidemment impossible d'investir pour installer six métiers à tisser dans leurs maisons d'habitation.

Cette fois ci, plus aucune pièce en mouvement : le fil de trame est poussé entre les nappes par un jet d'eau ou d'air sous pression. Ces deux technologies sont les seules utilisées actuellement pour la production de masse ; elles ont permis d'accélérer la vitesse de tissage dans un rapport pouvant aller jusqu'à dix par rapport aux métiers à navette, et de doubler la largeur de tissage. Si l'on ajoute que désormais les systèmes Jacquard sont électromécaniques et commandés par ordinateur, et que la généralisation des textiles synthétiques limite énormément la casse des fils, on peut mesurer le chemin parcouru sur les dernières décennies du XXème siècle. Alors qu'en 1950 un tisseur menait quelques métiers à tisser, il en surveille aujourd'hui plusieurs dizaines. haut de page
L'effondrement de l'industrie textile dans notre région à partir de 1970.
La disparition du textile à domicile a déjà été évoquée. Tenter d'expliquer la quasi-disparition des ateliers de tissage dans les années 1970 est certes beaucoup plus complexe, mais deux évènements peuvent être invoqués : la délocalisation dans les pays en voie de développement et le sous investissement des industriels.
L'histoire de l'humanité montre que les premiers développements de l'industrie dans les pays en voie de développement concernent l'industrie textile. C'est ce qui s'est passé en Europe à partir du XVIème siècle ; c'est ce qui se passera au début du XXème siècle, essentiellement dans les pays asiatiques. Le textile étant encore une industrie grosse consommatrice de main d'œuvre, les salaires infiniment plus bas qu'en Europe feront rapidement de ces pays des pays exportateurs. Après la guerre de 1939 - 1945, nous avons déjà dit que la demande en tissu était très importante, et les pays nouvellement producteurs, eux aussi victimes des destructions liées à la guerre mondiale, ne pouvaient pas suffire à fournir le marché européen. Les industriels de notre région ont certainement fait une grave erreur d'appréciation en faisant tourner à fond leurs vieux métiers mécaniques, quitte à donner du travail aux tisseurs à domicile, mais sans investir parallèlement dans les métiers à tisser modernes, alors que les pays émergeants s'équipaient déjà avec ce type de matériel. Le retournement de conjoncture s'est produit au début des années 1970 et là, il était trop tard pour réagir ; la partie était perdue. Le textile de Bohain et de sa région a été un des premiers en France à s'effondrer, mais cette grave erreur d'appréciation sur la nécessité d'investir fut quasi-générale en France, où il ne reste plus aujourd'hui que bien peu d'usines de tissage, certes modernes, mais au bord de l'asphyxie financière, ne pouvant lutter contre la concurrence asiatique pour les articles courants.
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Guy Laurence