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De toutes les matières utilisées dans la fabrication des
tissus, cette soie est certainement la plus précieuse par les
multiples qualités qu'elle possède naturellement. La longueur
des brins varie entre 400 et 600 mètres et la solidité
est telle que quelques brins de cocon assemblés suffisent pour
en faire un fil tissable. La finesse des brins, quoique variable suivant
les provenances, varie entre 19 et 32 millièmes de millimètre
(microns). Son élasticité, sa régularité,
sa blancheur une fois lavée et son brillant sont remarquables.
Ces qualités ne sont pas égales pour toutes les soies,
de provenances diverses. Elles dépendent de la nourriture et
du mode d'élevage des vers à soie. L'élevage se
fait dans des magnaneries aménagées à cet effet.
Cette industrie n'intéresse le fabricant de tissu qu'à
titre purement documentaire puisqu'il achète le fil tout préparé,
toutefois il est bon de savoir que les soies asiatiques sont les plus
fines.
Le fil fourni par le ver à soie se nomme brin de cocon et est
composé de deux baves sécrétées ensemble
par le ver à soie en même temps qu'une matière gélatineuse
appelée grès qui colle plus ou moins les deux baves. Ce
grès sera éliminé plus tard. La couleur va du blanc
au jaune, mais c'est le grès qui est coloré. Une fois
décreusée, c'est à dire débarassée
de son grès, la soie du Bombyx mori est blanche. La soie non
décreusée contient de 20 à 25 % de grès
et de corps étranger. En raison de sa constitution, la soie est
une matière trés absorbante et l'on profite de son avidité
pour y incorporer des corps étrangers. C'est ce que l'on appele
charger la soie. Cette charge a pour but de grossir la soie en lui donnant
du poids. Le pourcentage de charge est variable et va de 20 à
25 % jusqu'à 150 % et plus. Il est évident qu'une charge
exagérée produira un tisse qui casse aux plis et se pulvérise
dans le temps. C'est le teinturier qui effectue cette opération
en fil ou en pièce. S'il rend à la soie le poids qui a
été perdu lors du décreusage, on dit qu'il a fait
une charge poids pour poids.
Le fil de soie fourni par le ver à soie ne peut être utilisé
seul. On assemble plusieurs brins pour former le premier fil. Les premiers
fils ainsi assemblés comportent au moins 2 ou 3 brins de cocons
(souvent plus) accolés les uns aux autres par le grès
qui s'est resolidifié en séchant après le dévidage
des cocons. Ces fils sont des grèges. C'est cette opération
que l'on nomme tirage ou filature de la soie. Le douppion est une grosse
grège caractérisée par ses irrégularités
de grosseur. Il provient du dévidage de cocons doubles, filés
par deux vers à soie qui se sont enfermés dans le même
cocon.
Les autres fils c'est à dire non grèges subissent le moulinage
de soie qui leur donne une torsion les rendant plus solides et capables
de supporter le décreusage sans inconvénient.
Suivant cette torsion, les fils prendront des noms différents.
Ce sont :
La
soie moulinée
La trame
Le crêpe
L'organsin
La grenadine
La rondelette
La soie ovale
L'ondé
Le tussah
La bourette
La soie moulinée ou poil est simplement
de la grège que l'on a tordue après le filage. Cette torsion
se nomme apprêt. Celà permet de teindre cette soie en flottes
ou écheveaux. On l'utilise parfois en chaîne pour remplacer
l'organsin beaucoup plus coûteux. en haut
La trame est composée de plusieurs
bouts de grège tordus ensemble à raison de 75 à
150 tours au mètre. Utilisé en trame comme son nom le
laisse prévoir, lorsque l'on veut donner du brillant et de la
couverture (=serrage) au tissu. en haut
Le crêpe est composé d'une ou
plusieurs grêges tordues au contraire à plusieurs milliers
de tours, ce qui lui confère des facultés de retrécissement
et des tendances à vriller si on ne prenait la précaution
de le bobiner au fur et à mesure. On l'utilise dans le tissage
du crêpe. en haut
L'organsin est formé de deux (parfois
trois ou plus) fils poil tordus séparément en torsion
droite (Z), puis retordus ensemble en torsion gauche (S). La torsion
S est de 500 à 600 tours au mètre, la torsion Z variant
selon la destination de l'organsin : 300 t/m pour les fils de velours,
400 t/m pour les satins, 500 pour les taffetas (toile). Plus on donne
de tours, moins le fil est brillant et plus il est solide. L'organsin
est surtout utilisé pour la chaîne. en
haut
La grenadine est un gros organsin trés
tordu ou surtordu d'aspect grenu et mat. en haut
Le cordonnet est composé de deux gros fils poil (parfois plus)
retordus ensemble et laissant paraître les spires en relief. Il
est surtout utilisé en broderie. en haut
La rondelette est un cordonnet dont
les poils proviennent de douppions. en haut
La soie ovale ou ovalée est composée
de grèges plus ou moins grosses assemblées et retordues
à 70 ou 80 tours au mètre. Elle est utilisée en
trame dans les brochés et en broderie pour son brillant et sa
couverture. en haut
L'ondé est formé de deux fils
poil dont l'un se tient droit et tendu, servant de support d'enroulement
au second, beaucoup plus gros enroulé trés lâche
autour de lui. Le premier est l'âme, et le second le corps. Le
corps reçoit une trés forte tension et l'âme n'est
pas tordue du tout. On retords ensemble les deux fils dans le sens contraire
à la torsion du corps après les avoir assemblés,
de sorte que le corps se détord et s'allonge alors que l'âme
se tord, se rétrécit et se tend. L'ondé est utilisé
en trame dans les brochés et en broderie.
Les fils à ouvraisons spéciales ou fils fantaisie, trés
variés. en haut
Le tussah est la soie qui provient du filage
des cocons produits par différentes races de chenilles plus fortes
que celles du Bombyx-mori, vivant à l'état sauvage dans
l'Inde, la Chine et le Japon, et se nourrissant de feuilles de chêne,
d'ailante, de ricin, etc. Le tussah provient de trois races de chenilles
anthéroea. Le tussah du Japon est le plus beau. Cette soie est
environ 4 fois plus grosse que celle du Bombyx-mori et contient en moyenne
8% de grès et 92% de fibroïne. Sa solidité est moins
grande et sa couleur gris-roux plus ou moins foncée ne permet
pas d'obtenir de beaux blancs, même après décreusage.
Les cocons sont 2 fois plis gros. Le tussah trouve de nombreux emplois
comme trame dans les tissus unis et façonnés. Les Japonais
l'ont beaucoup utilisée comme trame dans des toiles pour chemise
et robe imprimée. Ces toiles dites tussor japonais ont été
reproduites à Lyon puis ensuite imitées par des articles
en schappe.
Les cocons de Bombyx-mori ne sont pas tous dévidables, et ceux
qui le sont donnent inévitablement des déchets. La schappe
ou fantaisie est obtenue par le peignage et le filage de ces déchets.
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La bourette est le produit du cardage
et du filage des déchets, en somme le déchet du déchet...
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