
| Des langes au linceul, les textiles nous enveloppent et nous entourent tout au long de notre existence. Mais ils se distinguent aussi entre tous les témoignages matériels de l'activité humaine par leur extrême fragilité à l'usure du temps. Cette observation vaut aussi pour l'histoire des techniques de fabrication du tissu : a priori l'archéologie ne se trouve pas ici en terrain très favorable : les métiers à tisser sont des assemblages de bout de bois et de ficelles qui sont difficilement identifiables une fois dissociés et qui, de plus, sont périssables. Aussi l'histoire du textile, étonnante histoire des milles et une manières inventées par l'être humain pour rivaliser avec l'araignée, longue épopée domestique et industrielle, présente t-elle encore bien des lacunes. L'emploi de la laine comme fibre textile est largement attesté dès l'age du Bronze dans les pays du Nord (vers 1600-1500 avant JC), en particulier par des pièces complètes découvertes dans les tourbières. Dans nos régions, on tissait et on filait déjà il y a plus de vingt siècles ; on sait que très vite la laine a su s'imposer à l'exportation, aux cotés des célèbres charcuteries gauloises. Pourtant, si l'on en croit les auteurs antiques, la laine des Gaules était loin d'être aussi fine et confortable que les produits concurrents du monde méditerranéen. Elle est néanmoins d'une grande utilité car elle permet de fabriquer des vêtements solides destinés essentiellement à se protéger du froid et des intempéries. On connaît, en effet, les propriétés de la laine qui sont : sa chaleur, son élasticité et son imperméabilité. Il semblerait que de sensibles améliorations aient été apportées à la qualité des laines gauloises, probablement par croisements de races ; toutefois ces productions demeurent célèbres pour leur aspect rêche. |