histoire de la laine ...
 


Le tissu de laine, principalement destiné à l'habillement mais également utilisé comme couvertures et tentures acquiert au moyen âge un succès prodigieux avec le drap, qui est un type particulier de tissu de laine : une opération effectuée après tissage lui donne un bel aspect velouté, une surface unie et l'imperméabilise. L'essor de la draperie au Xème siècle va entraîner la production de différentes sortes de tissus de laine et contribuer au redémarrage économique de l'occident. L'activité textile se concentre alors dans quelques centres tels que la Flandre à partir du XIème siècle, le Brabant et l'Italie du Nord dès le XIIIème ou l'Angleterre au XIVème siècle.
Jusqu'au milieu du XIXème siècle, le textile reste l'activité de fabrication la plus importante d'Europe, ce qui n'est pas étonnant puisque cette production satisfait l'un des besoins primordiaux de l'homme. L'industrialisation va ensuite donner lieu à de profondes transformations de la géographie européenne ; elle va créer de nouveaux paysages, de nouvelles villes.
Disposant de nombreux atouts, le département du nord connaît un essor économique sans précèdent pendant la deuxième moitié du XIX siècle , stimulé par sa vitalité démographique, le développement de ses infrastructures ferroviaires et portuaires, et l'arrivée massive de travailleurs et capitaux belges.
L'agriculture continue à faire travailler une main d'ouvre abondante mais cède le devant de la scène à l'industrie : charbon, textile et métallurgie atteignent des productions records. Créateur de paysages, l'essor économique amorce un ample mouvement d'urbanisation : les villes anciennes encore à l'abris de leurs remparts éclatent, une agglomération se crée autour de Lille-Roubaix-Tourcoing.
La concentration en quelques foyers se renforce : Roubaix-Tourcoing-Lannoy s'impose en haut lieu de l'industrie lainière sans pour autant délaisser le coton, le foyer lillois triomphe dans les domaines du coton, du lin et de la laine, le Cambrésis se spécialise dans le travail du coton, de la soie et du lin pour la fabrication des toiles fines et de la dentelle mécanique et Fourmies dans le domaine de la filature de la laine peignée.
Au début du siècle, toutes spécialités confondues, les filatures emploient près de 78000 personnes et les tissages comptent 73000 salariés : la grande industrie (concentration de la production dans de grands ateliers) se développe et s'impose face à une autre forme d'organisation : le travail à domicile (éparpillement de la production entre de nombreux tisserands qui travaillent à façon pour le compte d'un négociant) qui va pourtant résister, au moins jusqu'à la première guerre mondiale.